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Faire du stop en Amérique Latine ? Rien de plus simple ! Enfin, c’est ce qu’on a toujours entendu dire… On a donc voulu tester l’expérience, et pour corser un peu la chose, on a choisi d’ajouter le passage d’une frontière : celle entre le Chili et l’Argentine en plein désert d’Atacama, à plus de 4 000 mètres d’altitude ! En plus de l’altitude, il faut savoir qu’entre les Chiliens et les Argentins, ce n’est pas vraiment le grand amour. Autant de raisons qui nous ont rendu le passage entre ces deux pays extrêmement difficile. Comme vous allez le voir dans cette histoire, on s’est rendu compte que la réussite du stop en plus une question de chance que de peuple !

Une attente stressante

8h00 de matin. Sac sur le dos, chapeau vissé à la tête et plein de motivation… nous  sommes prêts pour nous lancer à l’assaut de ce long périple qui doit nous faire quitter définitivement le Chili. Notre destination : Salta, à plus de 550km d’ici ! Nous nous rendons à la sortie de San Pedro de Atacama pour aller tendre le pouce… et attendre !

Malheureusement, un dimanche matin en Amérique Latine, soit les gens dorment, soit ils sont à la messe. Les voitures qui passent devant nous sont très rares. On essaye d’afficher notre plus beau sourire et d’attirer l’attention des conducteur comme on peu. Romain dit bonjour de la main aux conducteurs. Chloé fait des petits pas de danse. Aujourd’hui encore, je ne sais pas ce qui est le pire entre le conducteur qui fait semblant de ne pas nous voir ou celui qui tend son pouce vers nous, voulant dire « c’est bien les gars, continuez comme ça ! ». Au fur et à mesure que la température monte, je sens ma motivation décliner. J’imagine les heures de routes qui nous attendent. Plus on attend, moins on a de chance d’arriver à destination avant le soir…

Après une bonne demie-heure d’attente, une première voiture s’arrête. A bord, un couple d’Argentins qui rentrent à Salta après un week-end au Chili. Ils ont l’air super sympa et veulent trop nous embarquer. JACKPOT !!! Malheureusement, leur pick-up est rempli à raz-bord et malgré leur bonne volonté, nous ne pouvons finalement pas monter avec eux. Énorme déception.

Il faudra attendre encore une heure avant qu’un autre pick-up s’arrête à notre hauteur… et nous emmène. Cette fois-ci, il s’agit de deux jeunes Chiliens qui partent travailler dans un observatoire en altitude. 20 minutes plus tard et après un accident évité de justesse avec un lama, ils nous déposent sur le bord de la route. On doit être maintenant à plus de 3 500 mètres. Il commence à faire froid. Heureusement, une seconde voiture s’arrête assez rapidement pour nous prendre. C’est un couple de Chiliens qui part visiter le désert. Ils sont adorables. Ils proposent de nous emmener jusqu’à la frontière en faisant avant un arrêt photo dans le désert de Tara. Nous roulons une bonne heure avec eux mais arrivés à 2km de la frontières, ils nous expliquent qu’ils ne peuvent pas aller plus loin. En effet, il est strictement interdit de passer la frontière sans voiture. Ils ne préfèrent donc ne pas être vu à déposer deux backpackers au milieu de nul part. Nous leur disons donc au revoir et terminons à pieds les 2km restant jusqu’au poste frontière. C’est à ce moment que les choses se gâtent vraiment.

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Le passage de frontière le plus difficile de notre tour du monde

Des frontières, on peut dire qu’on en a passé beaucoup dans notre vie, mais jamais une aussi difficile à traverser que la frontière entre le Chili et l’Argentine. Même l’entrée en Chine et au Vietnam à côté c’est de la rigolade !

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En route pour la frontière.

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La frontière Chili-Argentine

Le douanier chilien nous explique qu’il n’a pas le droit de laisser passer des personnes sans moyen de transport. Grosso modo, l’Argentine refuse de voir des backpackers s’aventurer et risquer leur vie à pieds dans le désert. On le savait mais on tente quand même de négocier avec le douanier pour qu’il nous laisse passer. Rien n’y fait !

On a plus qu’une chose à faire : arrêter toutes les voitures qui se présentent à la frontière et leur demander de nous emmener de l’autre côté. Autant dire qu’il n’y a pas foule ce jour là. La plupart des personnes refusent de nous venir en aide. Certains vont même jusqu’à détourner la tête pour ne pas nous voir alors que nous sommes de l’autre côté de leur vitre… À ce moment, je me sens vraiment comme un clandestin ! 

En voyant l’heure tourner, on commence à stresser et on envisage déjà de retourner à San Pedro. Quelle déception ce serait ! Heureusement, un couple d’Argentins finit par nous écouter et accepte bon gré mal gré de nous faire passer la frontière. La femme nous dit avoir peur. Elle redoute qu’on transporte de la drogue. On propose alors au douanier de fouiller nos sacs, ce qu’il fait assez rapidement. Les voila rassurés. Nous montons avec eux et roulons pendant une bonne heure. On sent qu’ils n’ont pas l’habitude de prendre des auto-stoppeurs et n’ont qu’une envie : se débarrasser de nous. Peu importe, nous sommes en Argentine ! Comme nous l’avions prévu, ils nous déposent au premier village venu. Le genre de village vraiment perdu où tous les batiments semblent fermés. L’angoisse ! Il faut absolument qu’on quitte cet endroit.

Nous attendons pendant une heure sous un soleil de plomb. Les voitures passent à pleine vitesse. Puis, on en voit une qui revient vers nous. Dans une voiture de luxe, un charmant couple d’Argentin a fait demi-tour pour venir nous aider. Le véhicule est petit mais comme je n’ai aucune envie de rester coincé ici, on s’entasse à l’arrière. Je l’aurais même fait avec mon backpack sur les genoux si il le fallait !

Nos sauveurs vont jusqu’à Juyjuy. Ce n’est pas notre destination finale mais pour aujourd’hui ce sera déjà bien. :-) On passe avec eux une très agréable fin de voyage. Pour nous faire découvrir leur région, ils s’arrêtent même aux endroits touristiques pour qu’on puisse prendre quelques photos (les salinas grandes et la montagne aux 7 couleurs). Nous arrivons à Juyjuy en début de soirée. Mission accomplie, nous voici en Argentine. L’aventure peut continuer !

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Notre ressenti

Cette première (et dernière) expérience de stop en Amérique Latine nous a beaucoup fait stresser. À plusieurs reprises, nous avons bien cru ne jamais y arriver. Mais aujourd’hui, nous gardons un excellent souvenir de cette aventure. Concernant le stop en général, j’adore cet ascenseur émotionnel qui te fait passer du désespoir de ne pas être pris à la joie quand on voit la voiture s’arrêter. C’est aussi un excellent moyen pour rencontrer des gens généreux et ouverts. Maintenant, j’ai hâte de tester le stop en France et dans d’autres partie du monde. Et vous, ça vous a donné envie de vous y mettre ?

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