Ceux qui me connaissent savent que je suis un vrai poisson dans l’eau. Un lagon aux eaux turquoises en Polynésie, une rivière glaciale en Nouvelle-Zélande, une belle piscine… Été comme hiver, je suis toujours prêt pour me jeter à l’eau. Après avoir passé mon premier niveau de plongée sous-marine (PADI Open Water) en Thaïlande, j’avais envie d’explorer les fonds marins d’une autre manière : en apnée ! J’ai donc profité de notre séjour en Crète pour m’initier à ce nouveau sport. En même temps, quel endroit rêver de mieux pour s’initier à l’apnée si ce n’est en Grèce, le pays du « grand bleu » ?!?! 😉

Pourquoi j’ai voulu faire de l’apnée ?

Entre l’apnée et la plongée sous-marine, c’est un peu comme entre les scooters et les motos : c’est la gueguerre des genres ! Personnellement, je considère qu’on peut autant aimer l’un que l’autre.

L’apnée, je la pratique depuis que je suis tout petit : à la piscine avec les copains, sous les tunnels avec ma petite sœur sur la route des vacances… et surtout lors de mes nombreuses sorties snorkeling ! Mais voilà, avec mes petits pieds et sans technique, je ne vais pas super loin sous l’eau et surtout, je ne tiens pas assez longtemps pour aller assez profond. C’est donc à cause de cette petite frustration que j’ai voulu m’améliorer et m’initier à l’apnée.

Où faire de l’apnée ?

Lors de notre séjour en Crète (mai 2017), Chloé et moi poussons la porte du centre de plongée Pelagos Diving Centre à Agios Nikolaos. Nous venons chercher des renseignements pour une éventuelle plongée sous-marine. C’est Manu, un Français, qui nous reçoit et nous explique les plongées qu’on peut faire dans la baie. Il nous explique aussi qu’il enseigne l’apnée. Mieux, il a appris l’apnée avant la plongée sous-marine. C’est un vrai passionné ! C’est décidé, c’est ici, avec lui que je vais m’initier à l’apnée, cadeau de Chloé pour mes 30 ans.

Jour 1 : la théorie et les bisous avec les poissons

La première demi-journée est consacrée à la théorie. Face à la jetée et à l’ombre sur la terrasse du dive shop, Manu m’explique tout ce qu’il faut savoir pour faire de l’apnée en toute sécurité. Il m’apprend entre autre le fonctionnement des poumons, la circulation de l’oxygène dans le corps et surtout comment se comporter sous l’eau pour économiser son précieux oxygène et rester plus longtemps parmi les poissons. On parle aussi des risques (parce que oui, même si ca ne paraît pas super sportif, l’apnée est une discipline qui peut se révéler mortelle !) dont l’ennemi de tous les apnéistes : la syncope (concrètement, tu tombes dans les pommes sous l’eau…). Ca fait froid dans le dos mais je suis plus motivé que jamais pour partir faire de l’apnée.

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Fun facts sur l’apnée :

  • si on dépliait nos poumons au maximum, on pourrait recouvrir un terrain de tennis !
  • le champion du monde d’apnée descend jusqu’à 210m de profondeur et peut rester 11 minutes sans respirer. Personnellement, je descend jusqu’à 15m et je reste 2’30 en statique… j’ai de la marge ! haha
  • une personne normale a une capacité de 5 litres d’air dans les poumons. Le champion du monde a une capacité d’air de 11 litres !!!

Après la théorie, j’enfile ma combinaison, ma ceinture de plombs et mes gigantesques palmes, puis je me jette à l’eau avec Manu, devant le dive shop. Plongée après plongée, le plaisir augmente ! Mes poumons s’ouvrent petit à petit et je reste de plus en plus longtemps sous l’eau. Je me sens en parfaite confiance. On plonge jusqu’à 5-6 mètres de profondeur maximum. La surface n’est jamais très loin. Manu a disposé au fond de l’eau divers objets lourds auxquels je peux m’accrocher. Contrairement à la plongée sous-marine, je ne fais pas de bulles ni de bruit. Cela provoque un sentiment d’immersion totale dans cet univers d’ordinaire hostile. Je me fond tellement dans le paysage que les poissons intrigués s’approchent vraiment très près jusqu’à venir manger les peaux mortes que j’ai sur le bout des doigts. À la fin de cette demi-journée, je remonte à la surface très content de toutes ces nouvelles sensations et de l’interaction avec les poissons. J’ai hâte d’être demain pour aller encore plus profond…

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Jour 2 : j’atteins 15 m de profondeur !

Ce matin, un orage a éclaté. Le ciel est noir et n’incite pas à partir en mer. Malgré les conditions climatiques, Manu m’attend au dive shop, impatient. « C’est quand il pleut que les plongées sont les meilleures » me dit-il comme pour m’encourager. Pas très convaincu, nous embarquons avec une palanquée de plongeurs et prenons la direction de deux îles situées en sortie de baie.

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Avant d’embarquer !

Comme hier, nous commençons la session par quelques petites plongées de quelques mètres pour nous échauffer et développer nos poumons. Malgré la légère pluie qui tombe, la mer est calme et la visibilité sous l’eau est bonne. Les premières plongées se font sans soucis. Je panique légèrement lorsque j’atteins les 8 mètres de profondeur. La pression sur les oreilles et le masque est de plus en plus forte. Là, on ne rigole plus. Manu m’entraine dans des canyons et des cavernes sous-marines. Je dois faire preuve du plus grand sang-froid pour ne pas gaspiller trop d’oxygène. Petit à petit je me sens vraiment confiant.

C’est à ce moment que Manu décide de me faire dépasser la barre des 10 mètres ! Nous nous éloignons un peu du rivage. Autour de moi, je ne vois rien si ce n’est du bleu. Pur. Intense. A perte de vue. Une sensation d’être perdu au milieu de nul part. C’est très inquiétant. J’attends que Manu remonte de sa plongée pour m’élancer. J’essaye de me calmer, de ralentir mon rythme cardiaque. Je prend une grande inspiration puis je pique vers le fond. Les premiers mètres, je suis encore entouré de ce bleu. Je ne vois donc pas où je vais. C’est très stressant. Puis d’un coup, le bleu se disperse et j’aperçois le fond. Il est encore à 7-8 mètres de moi. La pesanteur de la terre + ma ceinture de poids me fait couler à pique vers le fond. Malgré cela, je sens déjà que je commence à manquer d’air et décide de remonter. C’est trop profond, je n’y arriverais jamais…

©playingtheworld-apnee-grece-voyage-5Je me calme, expulse le trop-plein de CO2 contenu dans mes poumons, me reconcentre, puis replonge. Encore et encore. Je m’approche petit à petit du sable jusqu’au moment où… Ca y est ! Je caresse le sable qui tapisse le fond… Je me tourne vers Manu à quelques mètres au dessus de moi. Il me fait signe « Ca y est, tu l’as fait ! » Je suis trop heureux. Je me sens bien. Je regarde vers la surface et observe les litres et les litres d’eau au dessus de ma tête. Je me sens tout à fait bien. J’oublie que je suis dans un univers hostile. J’ai l’impression que je pourrais rester comme ça pendant des heures. Je m’autorise même à longer le fond avant de remonter. A quelques mètres de la surface, j’arrête de palmer pour profiter encore quelques instants de l’endroit. J’expulse alors l’air de mes poumons. Et au moment où je franchis la surface, je prend la plus grande inspiration de ma vie. Salutaire, intense. On dirait que je né à nouveau ! Je retourne plusieurs fois en bas avant de remonter à bord et rentrer au port.

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Mon ressenti

Vous l’aurez compris, j’ai clairement ADORÉ cette initiation à l’apnée ! Les sensations que j’ai pu ressentir lors de la descente, sous l’eau et à la remontée ont vraiment été fortes et incroyables. Je n’ai maintenant qu’une envie : y retourner, pratiquer encore et encore pour pouvoir aller toujours plus profond et rester toujours plus longtemps sous l’océan !

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3 Responses to “J’ai testé : faire de l’apnée en Crète !”

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