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Les guerres qu’a connu le Viet-Nam au XXème siècle ont meurtri et façonné l’identité actuelle du pays. Aujourd’hui, il existe de nombreux lieux de mémoire à travers tout le pays. Mais le plus important et le plus symbolique de tous reste la Zone Démilitarisée (aussi appelée DMZ). Cette langue de terre s’étend de la mer de Chine à la frontière avec le Laos sur 5km de large et servait autrefois à délimiter la frontière entre le Viet-Nam du nord et le Viet-Nam du sud. La guerre faisant partie intégrante de l’histoire du Viet-Nam, on a voulu aller voir de plus près ce que réservait cette DMZ. Pendant une journée, on a fait un bond de 45 ans dans le passé et on s’est retrouvé entre les chars et les bunkers américains, en pleine guerre du Viet-Nam ! 

Séjour mars 2016

Un peu d’histoire

Pourquoi la guerre a-t-elle eu lieu ? Pourquoi les Américains se battaient-ils contre le Viet-Nam du Nord ? Comment le pays s’est retrouvé divisé en deux ?

Avant d’être un pays indépendant, le Viet-Nam faisait partie de l’Indochine (avec le Laos et le Cambodge). Au lendemain de la seconde guerre mondiale, les Indochinois prennent les armes et se retournent contre la France pour obtenir leur indépendance. Ils finissent par l’obtenir après avoir infligé une cuisante défaite à l’armée française dans la petite ville vietnamienne de Dien Bien Phu en 1954 (au passage, cette défaite marque le début de la fin de l’ère coloniale français !).

Les Français se retirent et le pays est alors divisé en deux. Le nord est gouverné par Ho Chi Minh (communiste) et le sud est gouverné par un président profondément anti-communiste. Les deux gouvernements ne peuvent pas s’encadrer et décident de créer entre leurs deux « républiques » une zone frontalière où aucune armée n’a le droit de pénétrer. Officiellement, cette démarcation correspond au 17ème parallèle. Sur le terrain, la frontière est symbolisée par la rivière Ben Hai. C’est comme ça qu’apparait la DMZ !

Quelques années plus tard, de peur de perdre son pouvoir, le président du sud refuse l’organisation d’élections qui visent à doter le pays d’un seul et même gouvernement. Le nord décide alors d’envoyer son armée au sud pour faire entendre raison à ce président despotique, franchit la DMZ et déclare ainsi ouvertement la guerre à son voisin du sud. Les troupes nord-vietnamiennes, les Viet-Congs, avancent très rapidement vers Saigon, la capitale du sud. C’est alors que le gouvernement américain décide d’intervenir pour soutenir son allié et empêcher le pays de sombrer dans le communisme. Ce qui ne devait être qu’une mission de « pacification » s’est transformée en l’une des guerres les plus mmeurtrières du XXème siècle. Les Américains ont construit de nombreux camps au sud de cette ligne pendant que les Viet-Congs s’enterraient dans des souterrains sur la partie nord. La DMZ est alors devenue l’un des théâtres les plus meurtriers de la guerre.

Comment visiter la DMZ ?

La Zone Démilitarisée se visite essentiellement depuis la ville de Hué, à une soixantaine de kilomètres au sud. La meilleure option consiste à prendre un tour organisé en minivan ou bien de prendre un chauffeur avec une voiture privée. On avait pensé se rendre à Dong Ha pour explorer la DMZ en scooter. Mais la ville n’offre pas beaucoup d’hébergement et les distances à parcourir sont quand même énormes. Et puis, avoir un guide permet d’en apprendre plus sur les évènements qui se sont passés ici et surtout ça évite de s’engager sur des chemins qui pourraient encore être minés ! La DMZ est en effet la zone la plus bombardée du pays. Des milliers d’engins explosifs sont toujours actifs et enfouis sous terre si bien que 3 à 4 personnes meurent chaque mois en marchant sur une mine !

Que voir sur la DMZ ?

Un tour en minivan prévoit plusieurs arrêt de chaque coté de la DMZ. Voici  la liste de ces lieux dans l’ordre où nous les avons visités.

The Rockpile

Le paysage qui entoure la highway n°9 qui se dirige vers le Laos est dominé par des montagne basses et des pics karstiques. Le sommet des collines, entièrement déboisé, porte encore les stigmates de la guerre. Et parmi toutes ces « montagnes », il y en a une qui s’impose : the Rockpile. Ce piton rocheux de 230 mètres de haut servait de poste d’observation de l’armée américaine. L’ascension étant trop dangereuse, on s’arrête juste sur le bord de la route pour une pause photo.

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Un village ethnique

Si aujourd’hui la highway n°9 est entourée de petites huttes et de champs de riz, ça n’a pas toujours été le cas. Avec l’arrivée des Américains et la constitution d’une ligne de front en constante action, tous les villageois ont fuit la DMZ. Ils sont revenus petit à petit et ont essayé de reconstruire leur village sur une terre meurtrie par des tonnes de bombes et des litres de produits chimiques et de napalm.

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Le pont sur le Dakrong, en route pour la piste Ho Chi Minh

Surplombant la rivière Dakrong, ce pont symbolise le début de la piste Ho Chi Minh, une route permettant à l’armée vietcong de se ravitailler en hommes et en armes pour marcher vers le sud du pays.

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La base militaire américaine Khe Sanh

Le camp militaire de Khe Sanh a été l’un des points les plus défendus par les marines. Il était approvisionné en hommes, vivres et munitions depuis le Laos situé à à peine 20km. C’était un endroit très stratégique car il permettait au camp qui le possédait de contrôler une bonne partie de l’est de la DMZ. Les vietcong l’ont assiégé pendant 75 jours mais le camp n’est jamais tombé. Cette attaque surprise était en réalité une diversion visant à cacher la véritable attaque des Viet-Congs à l’échelle nationale, plus connu sous le nom d’offensive du Têt.

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Y.M.C.A

Aujourd’hui, le camp est encerclé de… plantation de café ! Un réseau de tranchées, des hélicoptères, des avions et des tanks sont encore sur place et en très bon état. Il y a aussi un petit musée très intéressant sur la DMZ.

Le fleuve Ben Hai

En remontant la highway n°1, on traverse le fleuve Ben Hai qui sert de zone de démarcation. Une énorme statue représentant la réunification a été érigée côté sud tandis que le drapeau vietnamien flotte fièrement coté nord. Entre les deux, un pont traversant le fleuve est aussi divisé en deux, la partie jaune se trouvant au sud, la bleue, au nord ! De chaque coté du fleuve, des rizières s’étendent à perte de vue sur plus de deux kilomètres. Ce qui aujourd’hui semble être une terre fertile était autrefois un no-mans-land dévasté par les bombardements.

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La DMZ : un no-mans-land !

Les tunnels de Vinh Moc

Moins impressionnants que les tunnels de Cu Chi dans la banlieue d’Ho chi Minh, les tunnels de Vinh Moc permettent d’en savoir plus sur les conditions de vie des Vietnamiens vivant au nord de la DMZ. Bombardés avec acharnement pendant 6 ans par l’armée américaine, les villageois des environs ont créé un réseau complexe de tunnels directement sous terre. S’échelonnant sur trois niveaux (12, 15 et 23 mètres de profondeurs), les tunnels constituaient un vrai village sous-terrain avec son école, son hôpital, ses réserves d’armes… Des « chambres » et des «salles de bain » étaient même aménagées à même la roche. Le dernier niveau des sous-terrains débouche directement sur la plage, offrant aux Viet Congs un accès à la mer pour alimenter en armes et munitions la « piste Ho Chi Minh maritime » (un chemin en mer pour attaquer le sud).

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La visite des tunnels comprend la visite du musée « To be or not to be » qui nous apprends comment ont été construit les tunnels et comment y vivaient les Vietnamiens ainsi qu’une petite balade sous la terre. On peut facilement imaginer l’enfer que ça devait être de vivre la dessous, surtout qu’à l’époque, il n’avait pas l’électricité qui nous a servi à nous orienter dans ce dédale. On a particulièrement aimé cette visite même si je reconnais ne pas être super à l’aise sous terre. Mieux vaut ne pas être trop grand !

La base militaire de Doc Lieu

Anciennement un camp de l’armée américaine. Aujourd’hui, c’est un cimetière qui occupe l’espace. Une nécropole dédiée aux soldats nord-vietnamiens morts ou disparus au combat. Sur les tombe, pas d’épitaphe mais une inscription « Liet Si », qui signifie « martyr ».

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Notre ressenti

La visite de la DMZ est un moment très intéressant et incontournable pour qui s’intéresse à l’histoire du Viet-Nam. Il faut cependant avoir un peu d’imagination pour visualiser le chaos qui devait régner ici, à la place de ce village, à coté de cette maison… Le coté négatif pour nous : les nombreux kilomètres à parcourir pour se rendre d’un point à un autre.

Mais on ne regrette pas cette visite qui nous a appris beaucoup sur l’histoire noire du Viet-Nam. Nous reprenons maintenant notre route, direction le nord du pays, à bord de notre bus de nuit qui traverse de nouveau le pont sur le fleuve Ben Hai, laissant derrière nous ce no-mans-land qu’est la DMZ.

Infos utiles : 

Prix de la visite en minivan : Nous avons payé 350 000 dongs. Il ne faut pas hésiter à négocier car les agences gonflent les prix. Ne surtout pas s’adresser aux hôtels qui pratiquent les prix les plus élevés. Ce prix comprends le pick-up à l’hôtel et l’entrée de tous les sites. Le déjeuner et l’eau ne sont pas compris. Les compagnies propose un petit déjeuner mais ça revient moins cher de le prendre par soit même et ça permet de mieux négocier ! 😉

Bus de nuit Dong Ha – Hanoi : 100 000 Dongs

Si vous voulez vous immerger dans la guerre du Viet-Nam avant d’aller visiter la DMZ, voici quelques films que j’ai beaucoup aimé et qui offrent quelques belles histoires sur cette guerre :

  • Good Morning Viêt Nam (c’est une comédie, même Chloé a aimé !)
  • Full Metal Jacket (dans lequel on découvre la guerre comme si on était une jeune recrue)
  • Forest Gump (un chef d’oeuvre sur l’histoire américaine et la folie de cette guerre)
  • Platoon (où les méchants ne sont pas toujours ceux qu’on croit)
  • Apocalypse Now (dans lequel on peut sentir l’odeur du napalm au petit matin !)

Cette liste n’est bien sûr pas exhaustive et j’attends vos recommandations ! 😉

2 Responses to “Comment bien visiter la zone démilitarisée (DMZ) au Viet-Nam ?”

  1. Maxence

    Salut Thomas
    Quelle agence as tu choisi pour effectuer ce “tour” DMZ ??
    Car nous avons vu pas mal d’agences mais les prix sont plutot de l’ordre de 450000 dôngs après négociation
    Merci de ta réponse et bravo pour ce bel article qui nous donne envie de découvrir le lieu

    Répondre
    • playingtheworld

      Bonjour Gustave, 😉

      Je ne me souviens plus du nom de l’agence. C’était une toute petite agence située dans la rue. Ne t’adresse surtout pas aux hôtels car au final ils passent par les mêmes agences de rues et se prennent une commission au passage. Et surtout n’hésite pas à négocier pour diminuer le prix.
      Bonne visite.

      Romain 😉

      Répondre

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